Christophe Greffet – Question au Président sur le RSA – Session du 16 mai 2022

C’est peu dire que l’élection présidentielle du mois dernier a été inédite a beaucoup d’égards : le contexte -déjà- qui disons-le, a confisqué une partie du débat ; un intérêt tout relatif de nos concitoyens qui se sont réfugiés dans l’abstention ; et un réflexe de vote utile des électeurs là où les familles politiques n’avaient pas su se réunir.

Dans le débat des semaines passées et la campagne qui s’engage -disons le aussi- il est bien davantage question des grands enjeux -voire des belles promesses- que du « faire » et de la mise en œuvre des choix nationaux. Or nous savons bien que l’essentiel des décisions arbitrées à Paris convoqueront les collectivités locales et en particulier le Département.

La preuve par l’exemple : la solidarité à la source qui -appliqué au RSA- permettrait à tous les bénéficiaires potentiels d’y avoir accès. C’est près d’un tiers des concernés qui en sont aujourd’hui exclus. Une augmentation de la dépense de près de 6 milliards d’euros pour 800000 euros de recettes hypothétiques au titre des indus.

Si cette mesure se justifie par l’accompagnement d’un public en grande difficulté, la question de son financement reste posée. Les départements seront-ils convoqués sur le sujet ? La facture pourrait s’alourdir de plusieurs dizaines de millions d’euros pour l’Ain et pour quelle compensation ?

Le risque que j’y vois -c’est que faute de moyens- nous ne soyons amenés, à un moment, à demander une nationalisation de cette allocation ; une nationalisation qui s’expérimente déjà dans certains départements.
Ce sera un pas de plus vers la recentralisation et l’échec de notre modèle de liberté locale. Comment ce sujet est-il considéré et traité par notre association nationale ?

Guy Larmanjat – Question au Président sur la Politique Vélo – Session du 16 mai 2022

Après un début de propos liminaires très politiques et nous avoir asséné « LR je suis, LR je resterai » comme pour mieux vous convaincre vous-même, suite à défection dans votre exécutif, vous nous avez expliqué que votre motivation était – mais je crois qu’elle est partagée par tous les élus départementaux de l’Ain de mettre en œuvre nos compétences, être plus lisible et utile à la population.

Alors, quand notre collectivité a la chance de pouvoir exercer une large compétence, très utile aux yeux de nos citoyens, il est plus que dommageable de voir notre institution s’en délester aux dépens du bloc commune/intercommunalité. C’est pourtant le cas pour la mobilité douce dans l’Ain.

Nos collègues de l’Ardèche sont un modèle dans la Région, avec 350 km de voie douce et 200 km de surlargeurs sur leurs routes. Dans l’Ain nous sommes très en retard avec seulement 50km pour la ViaRhôna et une ViaSaôna tout juste en cours de construction.

Le nouveau Plan Vélo que vous nous présentez n’apporte rien de nouveau par rapport au précédent. Si ce n’est de nous apprendre que le Département propose « généreusement » de céder les surlargeurs des routes départementales aux communes et intercommunalités. Ce « don » leur laissera à charge l’essentiel, à savoir les aménager et les entretenir.

C’est bien là, Monsieur le Président, que notre point de vue diverge. Les investissements que nous devons porter doivent avant tout concerner nos propres infrastructures pour les rendre utiles et pertinentes dans l’avenir.  

Au moment où le département élabore un schéma départemental de la mobilité et malgré des propos introductifs très volontaristes, vous vous recroquevillez sur une seule mobilité : celle de la voiture, alors que nous avons une chance unique de développer plusieurs formes de mobilité sur un même espace. Rappelons que la voirie est une compétence que le Département maitrise depuis de nombreuses années avec une expérience et une richesse de savoir-faire détenues par nos agents. Il est donc incompréhensible que vous ne souhaitiez pas prendre en charge l’entretien des voies cyclables sur le domaine départemental. Pourquoi refuser de préparer notre collectivité aux enjeux de demain ?

Anne-Laure Olliet – Question au Président sur la Flamme olympique – Session du 16 mai 2022

Le rapport sur la politique sportive se conclut sur l’hypothèse du passage de la Flamme Olympique dans l’Ain en 2024. Le coût demandé par le CIO : 180.000 € pour une seule journée de passage dans une poignée de villes de l’Ain. Sans compter les frais de communication, balisage, sécurisation des voies empruntées, etc… Aussi la note totale sera très supérieure.

Déjà, une dizaine de départements ont refusé, dont le Rhône et la Haute-Loire, jugeant le montant, je cite, exorbitant, disproportionné, un luxe que la collectivité ne peut pas s’offrir, que « ce serait de l’argent mal utilisé », que « le budget sport, c’est pour le sport ». Beaucoup de départements préfèrent soutenir des évènements sportifs locaux.

Dans notre région, la flamme est en train de prendre sévèrement l’eau. Il serait bien plus judicieux d’investir dans les activités sportives de manière plus agile et durable en utilisant ces 180 000 € prévisionnels à un ou plusieurs appels à projet sur 2024 ? Donc dépenser cette somme exorbitante au profit non plus d’un seul comité – quel qu’il soit -, mais de l’ensemble des acteurs et territoires de l’Ain ?